Ketsana est arrivee sans crier gare. Sournoisement, discretement. Elle n'est restee qu'une journee mais tout le monde ici se souviendra d'elle. Elle n'etait pourtant qu'une tempete tropicale, pas meme un typhon. Elle n'a pas apporte de vent, ni decime les arbres. A la place, elle a apporte 4 metres d'eau en 9 heures. Il ne lui a pas fallu longtemps pour inonder la ville. Une ville dont on ignore meme le nombre exact d'habitants. 12 millions, parfois 15. On se rapproche plus de 18. Ketsana a touche tout le monde: les pauvres, les riches. La ville, en partie construite sous le niveau de la mer et donc frequemment victime d'inondations , panse ses plaies. Apres la panique, le niveau de l'eau qui monte et ne veut pas s'arreter, les objets qui flottent, qui sont a certains endroits emportes par le courant (voitures, animaux, bassines...), vient le temps de la desolation.
Kestana a laisse pres de 500 000 familles sans abri. Insolente, elle laisse derriere elle des familles entieres dans le plus grand denument, alors qu'elles ne possedaient que quelques objets, vetements, poules, pour survivre. Les habitants des bidonvilles de Manille ne vivent pas, ils survivent. Ils vivent sous les ponts des routes, installent leur maison entre la berge et le bitume. On ne s'y tient pas debout. Des maisons de taule, de carton et des baches qui les protegent tant bien que mal des pluies diluviennes qui s'abattent sur le pays 4 mois par an. En quelques minutes, ces familles ont quitte leur maison. Elles sentent le danger, puisqu'il est leur quotidien. La securite est un luxe: celle d'avoir un toit, un travail, d'etre en bonne sante, de manger a sa faim, de dormir au sec, au calme. Elles n'ont rien, et Ketsana leur a tout pris. Mais Ketsana laisse aussi derriere elle des familles courageuses qui retrouveront leur activite, leur maison et leur vie. Qui retrouveront aussi leur sourire.
D'ici quelques jours, on n'entendra plus parler de Ketsana. Manille redeviendra seche, etouffante, vibrante. Le sort de toutes ces familles n'interessera plus personne. Elles recommenceront a vivre sous les ponts, entasses dans des cabanes de fortune. Loin des regards, que ce soit ceux de la television, des medias occidentaux, du gouvernement philippin ou meme de leurs propres compatriotes, ces centaines de milliers de familles se releveront seules, passee l'urgence et l'emotion. Partout dans le monde le meme scenario se repete inlassablement, a chaque catastrophe, chaque inondation, chaque tremblement de terre.
Avant, pendant, apres, Ketsana n'aura fait que montrer au monde entier que Manille compte parmi les plus gros bidonvilles du monde. Des bidonvilles ou vivent des millions de philippins oublies de tout.
J'espere en tout cas qu'elle fera prendre conscience que nous avons tous la possibilite, quelle qu'elle soit, de participer a la reconstruction de milliers de vies et plus encore, de permettre a tous les enfants des bidonvilles d'avoir un avenir et une vie moins dure que celle de leurs parents.
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dur dur ce que tu écris là ..
RépondreSupprimersais-tu quel organisme aide à la reconstruction ?
et toi dans tout ça, comment vis-tu ?
je t'embrasse fort et pense bien à toi
Continue à témoigner de ce que tu vois, je t'envoie plein de courage...
RépondreSupprimerJe t'embrasse très très fort
très chère Stéphanie,
RépondreSupprimerJe reste sans voix devant tant de souffrance. Eux qui n'avaient rien, se retrouvent avec moins que rien... Et pourtant, ils vont se redresser pour continuer à avancer.
Courage à toi, tiens le coup, tu nous permets d'avoir une vision différent face à tant de misère.
Je pense bien fort à toi...
Jofka
Coucou Steph,
RépondreSupprimerMerci pour ce témoignage qui sort du coeur, tout ce que tu vois, tout ce que tu vis m'intéresse et me fais prendre conscience du confort dans lequel nous vivons: nous n'avons pas le droit de nous plaindre après un tel témoignage. J'espère que tu vas mieux après ces émotions et que, comme les enfants, tu retrouve le sourire et l'amour que tu peux leur donner.
Je suis fière de toi et pense à toi bien fort.
Gros bisou
ta marraine
Ton cousin de Rognes pense trés fort à toi. Je prends concsience que j'ai beaucoup de chance de ne pas vivre comme ces personnes de Manille, dans la misere. J'espere que tu tiens le coup et éspere te revoir bientôt.
RépondreSupprimerAdrien